Conserver l’âme (Dark Souls Remastered)

Avec les années, on tend à oublier une époque où des machines de générations et de puissances différentes se côtoyaient et se partageaient le marché, obligeant les développeurs à des adaptations risquées, techniquement impossibles. Cette époque, c’est cette fin des années 80, quand la NES, l’Amiga et l’Amstrad CPC régnaient. Tenez, Platoon, l’adaptation du film d’Oliver Stone, en 1987. D’une version à l’autre, d’un public (NES) à l’autre (ordi 8bits), le jeu est soi acclamé, soit massacré par les joueurs et critiques. Ainsi que le rappelle alors Alain Huygues-Lacour, journaliste à Tilt, lors de son test du portage Amiga « l’action perd beaucoup de son intérêt en raison de maladresses de programmation. C’est un jeu difficile à l’origine (NdA : sur ZX Spectrum, Amstrad CPC ou C64), mais dans cette version, il est presque impossible de survivre car l’ennemi vous tire dessus avant même d’apparaître sur l’écran. »  Il y a un peu de cela, dans Dark Souls Remastered, de cette « trahison » au matériau original. Comme ces films muets d’avant 1927 (tournés en 16 images/seconde) passés à la moulinette 24 images/seconde pour être diffusés à la télévision dans, par exemple, l’émission Histoires sans paroles, avec l’accélération ridicule des mouvements qui s’ensuit. Sur Dark Souls, comme dans les Buster Keaton ou les Harold Lloyd, on perd donc en fidélité de l’œuvre originale – avec ses problèmes de frame rate, ses effets qui obligeaient à plisser les yeux-, ce que l’on gagne en confort de jeu, en netteté et précision. En tant que produit, qu’expérience actuelle, Dark Souls Remastered est donc plus agréable – du HD, de la fluidité, juste ce qu’il faut d’ajouts de gameplay pour simplifier la vie, des éléments graphiques repris de DSIII. En tant qu’œuvre restaurée – puisqu’il s’agit de cela -, certains coups de pinceau paraissent un chouia appuyés quand d’autres (quelques textures, des bugs qui persistent depuis la dernière édition en date, des tricheurs qui envahissent votre partie) auraient mérité plus d’attention de la part de QLOC, le studio responsable de cette adaptation. Evidemment, si Lordran et Anor Landon vous sont encore des destinations inconnues, ce Remaster demeure le meilleur moyen de se payer le voyage.

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