Faire Rage!

 

(paru dans Officiel PlayStation 55. Le titre fait référence à une mauvaise traduction du jeu de rôle papier Werewolf)

Alors que le FPS est aujourd’hui dominé par une seule franchise, disséquée, copiée et recrachée sans génie par tous ses suiveurs, il est de bon ton de se souvenir que le genre n’a pas toujours été qu’un vague prétexte à la multiplication de séquences hollywoodiennes et de scripts répétitifs. Etonnamment, c’est du côté du vénérable id Software que déboule l’offensive anti-Call of Duty, avec Rage, sorte de best-of intelligent de tout ce que le genre a à offrir en sensations et situations. Parce que, débarrassé de son scénario ou des couches de gameplay supplémentaires (courses auto arcades, dialogues, création de gadgets et robots) qui l’enrichissent, Rage multiplie déjà les approches du genre, tend, à chaque mission, à proposer du neuf, de l’original, et surtout, du très, très nerveux, sorte de résurgence à peine voilée des Doom. Dès les premières minutes, le feeling des armes, si particulier, brutal, d’id explose, aidé par des animations d’ennemis extrêmement crédibles, largement au-dessus de tout ce que l’on a testé cette année. Par exemple, voir un mutant sauter sur un panneau de publicité pour mieux vous contourner laisse coi quelques secondes, de même que constater que les troupes militaires de l’Autorité travaillent en duo, l’un couvrant l’autre de son bouclier énergétique. Oui, Call et ses troufions idiots ont du souci à se faire !

Ce qui étonne, de la part d’un studio uniquement spécialisé dans le FPS, c’est que Rage propose aussi un univers vraiment prenant, peut-être moins profond et délirant qu’un Fallout New Vegas, mais tout aussi vivant. Ici, les habitants de Wellington et Métro City se déplacent, changent de lignes de dialogue en fonction de votre avancée de l’aventure, voire vous proposent des missions annexes. Et on y croit. Parce que leur palette de mouvements et leur visage expressifs, leur design leur confèrent plus d’humanité que tous les personnages de Deus Ex : Human Revolution réunis. Et les décors jouent dans la même cour, chaque clan, chaque ville, détaillés, disposant d’une architecture propre… Reste que si le moteur Megatexture permet de belles choses en termes de panorama – on voit loin et c’est très souvent magnifique !-, de près certaines textures semblent floues, incertaines, ou encore en chargement. Pourtant Rage est un de ces titres qui restent gravés dans la mémoire d’un joueur par ses quêtes (le nettoyage de la ligne bleue du métro, dantesque !, l’attaque du village des chacals, génial !), par son atmosphère, prenante, son esthétique générale ou par ses nombreux gameplay, réussis, entourant ses séquences de tir. Bref, loin du produit standardisé, calibré, Rage est excellent shooter, varié, violent. Barré.

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