Dans l’ombre du damné (Shadows of the Damned)

 

(paru dans PlaySation 52)

L’association de grands créateurs est parfois synonyme de qualité. Alors, quand le créateur de Resident Evil (Shinji Mikami), celui de Killer 7 (Suda 51) et l’ex-producteur/compositeur de Silent Hill (Akira Yamaoka) travaillent sur un même projet, les attentes deviennent folles, quasi impossibles à satisfaire. Immédiatement, dès son générique d’intro, Shadows of the Damned avoue son penchant pour la face « timbrée » du shooter à la 3ème personne. Le prétexte à toutes ces bizarreries ? L’enlèvement de Paula, blonde aux yeux vairons. Chasseur de démons de profession, son petit ami, Garcia Hotspure n’hésite alors pas une seconde avant de foncer en enfer pour sauver sa donzelle. La suite ? Des séquences barrées, réussies ou totalement ratées, beaucoup de tir, et quelques beaux concepts qui inscrivent les fusillades dans un contexte de puzzle game. Ainsi, durant certains combats, il faut accepter de laisser l’obscurité envahir les lieux – ce qui affaiblit Garcia-, cette dernière révélant le point faible des créatures. D’autant plus malin que le jeu s’amuse assez souvent avec ce type d’idées.

Shadows of the Damned, on aurait aimé l’adorer, le placer sur le beau promontoire d’œuvre déjantée, mais géniale, culte. D’ailleurs, tout attirait irrésistiblement en lui : son personnage de biker tueur de démons, ses multiples notes d’humour, son second couteau – Johnson, un crâne très bavard- aux blagues sexuellement connotées, ses références aux films d’horreur de série B (Evil Dead, sa maison perdue dans les bois, sa petite amie zombifiée…), ses créatures poisseuses, crades, dignes du théâtre de Grand-Guignol… Même son gameplay, sorte d’évolution très maniable de celui de Resident Evil 4 et 5, esquive en prime, tendait vers l’amusement primaire, le bon shoot à la troisième personne. Sauf qu’à jouer avec les codes, à mettre en scène de beaux délires, Suda 51 oublie un peu de proposer autre chose que de longs couloirs, ne renouvelle que très rarement ses enjeux. En fait, une fois la console éteinte, on retient principalement certains passages injustes, mal calibrés (course poursuite entre Paula et Garcia qui donne envie de jeter son pad à l’écran), et quelques autres, traversés par un éclair de génie. Comme les boss, gigantesques. Reste un shooter juste sympathique, auquel les amateurs de trucs bis, bizarres et décalés, trouveront quelques raisons de s’adonner.

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2 réflexions sur “Dans l’ombre du damné (Shadows of the Damned)

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